Le SNFOCOS était à la présentation du 10ème baromètre de l’Absentéisme et de l’Engagement par Fabienne Mestdagh de Ayming (étude quantitative de l’absentéisme en France en 2017 réalisée en partenariat avec AG2R La Mondiale auprès de 46 540 entreprises employant 1 836 802 salariés du secteur privé).

Voici le compte-rendu de cet évènement :

L’absentéisme se dégrade : le taux moyen d’absentéisme est de 4,72% en 2017, ce qui représente 17,2 jours d’absence par salarié, contre 4,59% en 2016. 85% des DRH suivent l’absentéisme mais avec des modes de calcul très différents selon les entreprises (17 modes de calcul relevés).

Les étapes clés pour agir sur l’absentéisme :

  • -mesurer (calculer les principaux indicateurs),
  • -comprendre (analyser les facteurs qui impactent),
  • -agir.

Les caractéristiques observées avec le baromètre Ayming :

– Les taux d’absentéisme sont différents selon les régions : on retrouve dans les forts pourcentages les régions sinistrées en termes d’emploi et avec un niveau sanitaire moins favorable : le nord-est (5,06%) et le sud-ouest (5,04% pour la Nouvelle Aquitaine et 5,50% pour l’Occitanie contre 3,31% pour l’Ile-de-France.

– Comme les années précédentes, les secteurs d’activité qui présentent un fort taux d’absentéisme sont la Santé (l’étude porte sur le secteur sanitaire et médico-social du privé) avec 5,31%, le Commerce (4,86%) et les Services (4,84%). L’absentéisme du secteur du Commerce est impacté par les relations avec la clientèle, les incivilités sont de plus en plus nombreuses.

– L’écart hommes/femmes continue de se creuser (5,30% pour les femmes contre 3,54% pour les hommes) : les femmes occupent fréquemment des postes exposant à des gestes répétitifs et elles portent encore plus la charge du foyer (souvent des foyers monoparentaux).

– Le taux d’absentéisme augmente avec l’âge : 2,21% pour les moins de 26 ans contre 7,11% pour les 56 ans et plus. Mais on relève que les plus jeunes s’arrêtent moins longtemps mais plus souvent alors que les aînés s’arrêtent moins souvent mais plus longtemps.

– Le croisement de l’ancienneté et de l’absentéisme révèle que plus l’ancienneté est un frein à l’absentéisme. Pour chaque catégorie d’âge, l’absentéisme diminue avec l’ancienneté, d’où l’importance de la bonne intégration des nouveaux salariés dans l’entreprise.

– Les facteurs d’absence sont les mêmes quel que soit l’âge : le plus important est la qualité de vie au travail (38%), avant la santé (44%). Le manque de reconnaissance au travail induit un manque de motivation.

– Les facteurs motivants cités par les personnes interrogées sont :

  • l’autonomie dans son travail,
  • l’ambiance,
  • les horaires et le salaire.

Ce qu’il faut faire : Ne pas banaliser l’augmentation de l’absentéisme. Il faut agir et faire plus de prévention :

① Gérer l’absentéisme

② Prévenir et maîtriser les risques professionnels.

③ Repenser le management et l’organisation pour dynamiser l’engagement.

④ Aider à avoir une meilleure hygiène de vie et faciliter la vie des salariés aidants.

Le rapport au travail est différent selon les générations : les jeunes sont moins engagés, leur absentéisme se dégrade. Ils mettent en avant la qualité de vie et l’équilibre vie privée/vie professionnelle.

La taille de l’équipe est également importante, plus l’équipe est grande, plus l’absentéisme sera noyé. Plus l’individu est identifié dans une équipe, plus l’impact sur son absentéisme sera fort.

Les réformes sur la retraite ont eu un impact sur la pyramide des âges qui n’est pas le même selon les secteurs.

Virginie Roche, membre de la Délégation Régionale d’Ile de France et Murielle Jeantelet, Déléguée régionale Ile de France  du SNFOCOS