L’été est souvent propice aux annonces, suivies ou non d’effet.

Le 11 juillet dernier à Bercy, Gérald Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes publics, déclarait dans un discours à la journée des cadres du Ministère de l’Action et des Comptes publics :

« A terme, c’est à dire dans ce mandat, nous devrons opérer le rapprochement entre le recouvrement réalisé au sein des sphères Etat et de la sphère sociale par la constitution d’une agence unique de recouvrement ».

Son discours commençait bien maladroitement par une citation de Saint Exupéry : « Il n’y a pas de citadelle inattaquable, il n’y a que des citadelles mal attaquées ». On avait bien remarqué l’ambition de ce gouvernement d’attaquer de manière frontale la Sécurité sociale.

Cette déclaration a été faite sans aucune concertation évidemment avec les partenaires sociaux on s’en doute, ni même avec la Direction de la Sécurité sociale ou l’ACOSS, principale intéressée.

La préoccupation du Ministre est peut-être de renflouer Bercy ou la DGFIP est elle-même gravement menacée d’extinction suite aux coupes sombres dans les politiques publiques et aux projets de modernisation qu’ont été et seront la télédéclaration et le prélèvement à la source.

L’été nous aura démontré un peu plus les contours de ce fameux nouveau monde dont nous ne voulons pas (suppression de la référence à la Sécurité sociale dans la Constitution, révélations suite aux violences contre les manifestations du 1er mai, plan pauvreté sans argent supplémentaire, les « aides de dingue », le recul du paritarisme).

Au SNFOCOS, nous réaffirmons haut et fort que défendre la Sécurité sociale est un modèle de société solidaire sont des valeurs modernes. L’inversion de la hiérarchie des valeurs, elle, ne passera pas. Il n’y a pas d’ancien monde, il y a celui que l’on veut construire.

Eric Gautron, secrétaire national