Ils précarisent. Nous, nous protégeons.
Il y a une ironie cruelle dans ce que nous vivons chaque jour dans nos organismes. Alors que nous défendons au quotidien le pacte social français, ce pacte se désintègre dans l’économie réelle — contrat après contrat, journée après journée.
Les chiffres que vient de publier la Dares sont accablants. En 2024, 84 % des CDD signés en France durent moins d’un mois. Et 30 % d’entre eux ne durent qu’une seule journée.
Ce que nos assurés vivent, nous devons le nommer
Quand une femme de ménage signe son quatrième CDD d’une semaine dans le même hôtel, elle ne valide aucun trimestre de retraite supplémentaire. Quand un agent logistique enchaîne les missions d’intérim d’un jour entre deux entrepôts, il cotise certes à l’assurance chômage, mais ses périodes d’inactivité forcée coûtent davantage au régime que ce qu’il y verse. Quand une aide à domicile accepte un temps partiel subi à 24 heures par semaine, sa pension sera amputée de près de 15 % pour toute sa vie de retraitée.
« Ce n’est pas de la malchance. Ce n’est pas le marché. C’est un choix politique qui n’a jamais été soumis au vote. »
Notre institution — la Sécurité sociale — supporte les conséquences financières directes de ces choix. Chaque micro-contrat non indemnisé correctement, chaque trimestre non validé, chaque pension sous-alimentée par des années de temps partiel subi : tout cela revient sur les bureaux de nos collègues gestionnaires de droits, de nos techniciens conseils, de nos responsables de service.
Si nous voulons gérer l’après, le SNFOCOS veut peser sur l’avant. Notre combat, c’est le leur, et c’est le nôtre.
Le SNFOCOS porte deux combats qui n’en font qu’un
Le premier : défendre les conditions de travail, les rémunérations et les carrières des personnels des organismes de Sécurité sociale — cadres experts ou projets, managers, personnels de direction et praticiens conseils. Dans un secteur lui-même soumis à des restructurations permanentes, à des fusions d’organismes, à une pression croissante sur les effectifs, votre emploi mérite une protection syndicale digne, experte et indépendante.
Le second : porter une vision politique cohérente sur le financement de la protection sociale. Nous ne pouvons pas gérer avec sérieux et conviction un système que d’autres pillent impunément. Quand les contrats courts transfèrent vers l’assurance chômage et vers le système de retraite des coûts que les employeurs refusent d’assumer, c’est notre modèle social qui s’érode. C’est notre raison d’être collective qui se fragilise.
Nul mieux que nous ne peut mettre des chiffres sur cette réalité. Nul mieux que nous ne peut la porter dans les débats parlementaires, dans les négociations conventionnelles, dans les conseils d’administration.
Pourquoi adhérer au SNFOCOS aujourd’hui ?
Parce que l’expertise ne suffit pas. Il faut aussi une voix.
Dans votre organisme — CPAM, CAF, CARSAT, UGECAM, URSSAF et leurs caisses nationales — des décisions sont prises chaque semaine sur vos conditions de travail, sur la réorganisation de vos services, sur le maintien de vos classifications et de vos grilles. Le SNFOCOS les suit, les analyse et les négocie avec la compétence technique de ceux qui connaissent les 3 Conventions Collectives nationales dans leurs moindres recoins, et avec l’indépendance de ceux qui n’ont de comptes à rendre qu’à leurs adhérents.
La défense du modèle social français ne peut pas être laissée aux seuls économistes, aux seuls parlementaires ou aux seules grandes centrales généralistes — trop révolutionnaires ou trop compliantes. Elle doit être portée par ceux qui, au fond des open-spaces et des plateaux téléphoniques, font vivre ce modèle chaque jour.
Un seul mot d’ordre : prenez dix minutes. Parlez-en à un·e collègue. Transmettez cet article. Et posez-vous une question simple : qui, dans mon organisme, défend réellement mes intérêts et ceux du service public que je représente ?
Le SNFOCOS. Parce que la protection sociale mérite mieux que l’indifférence. Et vous aussi !
