Quand la maternité fait chuter les carrières

Le Haut Conseil à l’Égalité vient de publier un rapport sans appel : « Du plancher collant au plafond de mère ». La maternité ne coûte rien en soi ; c’est son organisation sociale qui coûte durablement cher aux femmes.

Les chiffres parlent seuls

88 % de l’écart de revenus femmes-hommes en 2020 s’explique par l’arrivée d’un enfant (Conseil d’analyse économique).

Autour de la naissance, les revenus des mères chutent de 40 %, puis restent durablement inférieurs de 30 %.

Pour les mères les moins rémunérées, la perte peut atteindre 70 % la première année : la pénalité frappe d’abord les plus précaires.

À la retraite : 1 306 € de pension moyenne pour les femmes, contre 2 089 € pour les hommes (-37 %).

82 % des familles monoparentales sont portées par une femme.

Ce n’est pas un phénomène biologique : c’est un choix collectif d’organisation et des arbitrages politiques jamais assumés. Congés parentaux déséquilibrés, offre de garde insuffisante, temps partiel « subi » : le plafond de verre se referme dès qu’une femme devient mère. C’est aussi un enjeu de soutenabilité pour notre système de protection sociale, moins d’heures travaillées signifiant moins de cotisations et une pression supplémentaire sur nos régimes de retraite par répartition.

Le SNFOCOS appelle à repenser le partage des congés parentaux, à sécuriser les carrières et les droits à retraite pendant les interruptions liées aux enfants, et à objectiver le coût collectif de l’inaction pour nos régimes de protection sociale.

Source : Haut Conseil à l’Égalité, « Du plancher collant au plafond de mère », 09/09/2026 (Conseil d’analyse économique, INSEE, Sénat).