Les agents ne sont pas des pions !
Mais où sont passés les aspects RH ?
Encore une circulaire et un mode opératoire qui ont oublié les agents UCANSS et les fondamentaux du dialogue social !
La réforme de la communication de l’État annoncée par le Gouvernement prétend faire des économies tout en améliorant la lisibilité de la communication publique sur le terrain.
Derrière ces beaux objectifs, la réalité ouvre de profonds débats, qui n’ont pas lieu !
Une réforme qui fait parler d’elle !
Des économies massives sur la communication (300 millions) qui peuvent s’entendre en période de sobriété sur toutes les dépenses publiques… mais ce sont les moyens des opérateurs de terrain, dont les budgets communication étaient déjà très limités, qui ont le plus durement été soldés à -40% en quelques mois. Sur le terrain, l’équation est sans appel : faire mieux avec moins, ce sera peut-être économique mais sûrement pas plus visible pour l’action de l’Etat en proximité !
Une reprise en main depuis Paris, par Matignon et son Service d’information du gouvernement, dans un mouvement de centralisation qui mêle sans grande distinction communication politique et communication institutionnelle de nos services publics et de ses opérateurs. Une perte de sens qui, à chaque nouvelle annonce gouvernementale, désoriente encore plus tous les communicants qui servent l’Etat et ses opérateurs dont les ARS. Au regard des enjeux de 2027, est-ce bien le moment de déstabiliser l’organisation, les missions et finalement le cœur de métier de tous les professionnels de la communication de l’Etat ?
En cette fin d’été, une énième circulaire vient carrément annoncer des transferts d’effectifs pour appliquer dès le 1er janvier 2027 une réforme qui fait totalement l’impasse RH sur celles et ceux qui la font vivre : les agents qui portent avec engagement et professionnalisme la communication de l’Etat et de ses opérateurs chaque jour.
Comment en arrive-t-on une nouvelle fois à cet « oubli » des aspects RH élémentaires qui ont pourtant déjà été arbitrés récemment en Conseil d’Etat ? Un oubli fâcheux qui impose des réponses rapides.
FO et le SNFOCOS ne resteront pas spectateurs de cette OPA irrespectueuse des statuts notamment pour les agents de droit privé sous régime conventionnel UCANSS (3 CCN) exerçant en Agences Régionales de Santé.
Mais où est le dialogue social si souvent prôné par nos ministères dans cette réorganisation ? Mais comment peut-on traiter avec si peu des respect les individus ?
La circulaire du 26 août dernier fait du bruit parmi les communicants de l’Etat dans toutes leurs composantes. Elle organise notamment la montée en puissance du Service d’information du gouvernement, la création d’un bureau unique de la communication dans chaque préfecture et le redéploiement d’emplois depuis les Dicom, les services déconcentrés et les opérateurs de l’État. Le terrain sera résolument départemental et préfectoral.
Or les ARS sont des opérateurs de l’Etat !
La circulaire gouvernementale ne détaille ni le périmètre des administrations concernées ni les effectifs nécessaires et prévoit uniquement des transferts et redéploiements.
Elle semble ignorer que l’on ne peut déplacer de façon arbitraire les personnels impactés sans approcher la dimension RH de leurs emplois.
Les agents ne peuvent pas constituer une simple variable d’ajustement.
Ce qui est vrai pour des fonctionnaires ou des contractuels l’est aussi et surtout pour les agents sous contrat de droit privé relevant de la convention collective UCANSS : peut-on réellement envisager de transférer des missions, des emplois et des responsabilités sans répondre aux questions de statut, de convention collective et de profils de postes ?
La situation est préoccupante et demande des clarifications immédiates de la part de la ministre de la Santé et du Secrétariat général du ministère des Affaires sociales.
FO et le SNFOCOS ne resteront pas spectateurs de cette OPA irrespectueuse des statuts notamment pour les agents exerçant chez les opérateurs de l’Etat que sont les Agences Régionales de Santé
Les agents des ARS ne sont pas une variable d’ajustement .
Ils ne sont pas des pions.
Ils sont également le service public.
Les CCN et les statuts sont respectables et doivent être respectés.
FO et le SNFOCOS exigent que ce sujet soit porté à l’ordre du jour du prochain CNC et que dans l’attente les effets induits de cette circulaire pour les agents exerçant en ARS soient immédiatement suspendus.
Eric DONNADIEU, Membre Titulaire au CNC, Membre Titulaire de la CPP ARS