Mes chers camarades,

Je vous souhaite la bienvenue dans ce 19ème congrès du SNFOCOS à La Rochelle.

Vous êtes plus de 130, venus de tout le territoire et de toutes les branches, avec le mandat de vos camarades, pour renouveler nos instances et décider des orientations de notre syndicat.

Je salue la présence et je les en remercie de nos secrétaires confédéraux :

  • Philipe Pihet, en charge du département retraite et prévoyance complémentaire
  • Serge Legagnoa, en charge du département protection sociale collective
  • Frédéric Souillot, en charge du département des affaires juridiques et du droit syndical
  • Notre Secrétaire général comme vous l’avez vu, a ouvert notre congrès en nous souhaitant de bons travaux, ses nouvelles fonctions encore récentes et la lourde actualité, ne lui permettant pas d’être présent parmi nous, il a pris le temps de nous enregistrer un message vidéo et m’a assuré de son soutien pendant nos travaux.

 

Je salue également la présence de notre Fédération avec son nouveau secrétaire général, Sébastien Busiris et ses deux secrétaires adjoints, Michel Rochette et Gilles Belny.

Leurs présences marquent combien le SNFOCOS, comme toujours, est un syndicat qui compte pour la Fédération et la Confédération. Je profite de ce moment important dans la vie de notre syndicat national, pour leur témoigner la réciproque. Libre et indépendant, le SNFOCOS l’est à l’image de tout Force Ouvrière, un syndicat national, fidèle et parfaitement, ancré dans sa Fédération et sa Confédération.

Je ne lirai pas le rapport d’activités qui vous a été remis ; mais celui-ci montre l’importance du travail que nous avons accompli dans toutes nos structures : le bureau national, la commission exécutive et le Conseil National.

Ce congrès s’ouvre dans un contexte économique et social difficile et incertain.

Une crise politique que l’on sent poindre du fait de la déception une nouvelle fois au rendez-vous. Un an après que beaucoup de nos concitoyens aient cru, à tort ou raison, qu’un jeune loup libéral pourrait redresser la situation.

Malgré les cadeaux au patronat qui avaient déjà été servis par son prédécesseur, les plans de licenciements sont toujours là, la croissance est atone, le pouvoir d’achat en berne, malgré des profits toujours en hausse. Les dividendes ont augmenté de 12.9% dans le monde au deuxième trimestre et la France est la championne du monde avec ses 44 Milliards versés, soit une hausse de 23.5% !

Dans sa lettre d’information de septembre, le CIRIEC pointe les effets de la politique française : l’inégalité du partage des revenus atteint un niveau sans précédent, l’emploi public est sacrifié en même temps que le budget de l’Etat baisse par le relâchement de pression fiscale pour les plus aisés ainsi que sur le capital.

Alors pour compenser, on nous vend le concept du nouveau monde.

Un monde dans lequel nous sommes tous libres. Libres de travailler à notre compte, libres de ne plus cotiser à la sécurité sociale, libres de se faire des points pour sa retraite, libres d’être dans son coin, un monde d’auto-entrepreneurs. Un monde du chacun pour soi.

Chacune des trois dernières présidences désastreuses pour notre modèle social et économique y est allée de sa petite formule :

  • Nous avons eu « la racaille » et le « travailler plus pour gagner plus » ;
  • nous avons eu « le changement c’est maintenant » et « mon ennemi c’est la finance » ;
  • aujourd’hui nous avons ce nouveau monde dans lequel il suffirait de traverser la rue pour trouver un emploi et où seuls les premiers de cordée ont leur place.

La Sécurité sociale, mes camarades fait elle aussi partie de l’ancien monde ? c’est ce qu’on essaie de nous faire croire, en témoignent les attaques sans précédents que subit notre modèle social républicain.

J’avais dit, dans une lettre de la Michodière, que du coup je me revendiquais comme un ringard fier de l’être, puisqu’on voulait nous reléguer dans l’ancien monde dès lors que l’on défendait la solidarité, le salaire différé, la cotisation, le paritarisme, bref une Sécurité sociale qui appartient à ses salariés. Celle dont Georges Buisson disait : « la caisse unique n’est pas et ne doit pas être une caisse d’État » et sa gestion « doit être assurée par les travailleurs intéressés ».

Je pense que finalement, c’est ce nouveau monde qui devient ringard à vitesse grand V, car de plus en plus les citoyens se rendent compte de la supercherie et plus que jamais, c’est à nous de leur expliquer en quoi la Sécurité sociale est importante et pourquoi elle leur appartient. La modernité mes camarades, est déjà revenue dans notre camp. Défendre la Sécurité sociale, défendre notre modèle républicain et sa démocratie sociale c’est ça aujourd’hui être moderne.

Cette démarche historique et pédagogique nous l’avons mené avec la Confédération à l’occasion des 70 ans de la Sécu en publiant deux ouvrages auxquels le SNFOCOS a participé.

Ces attaques mes camarades  viennent de toute part et  ne se contentent pas d’être de simples réductions de moyens ou même de mutualisations, elles sont graves car structurelles :

  • Suppression de la cotisation maladie au profit de la CSG
    • Vous savez ce que cela implique, c’est la fin du salaire différé, autrement dit, la Sécu qui appartient aux salariés qui cotisent selon leurs moyens, pour recevoir selon leurs besoins.

 

  • Suppression des URSSAF
    • Annoncée cet été par le Ministre et évoquée dans le rapport CAP22
    • Il s’agirait de créer une agence régionale de recouvrement commune avec les impôts où l’on sait que la DGFI a été dépouillée de ses salariés

 

  • Suppression des IJ
    • le gouvernement envisage de basculer le paiement des jours d’indemnisation des arrêts maladie de la Sécurité sociale vers les employeurs (arrêts de moins de 8 jours).

 

  • Suppression du risque AT/MP géré par les CARSAT
    • Rapport LECOQ
    • Simplifier les obligations des employeurs
    • Etatiser la politique de santé au travail
    • Contexte de disparition des CHSCT
    • Une négo va s’ouvrir, FO fera ses revendications.

 

  • Le RSI et les mutuelles étudiantes eux ont déjà vu leur sort réglé : suppression.

 

  • Enfin les COG pour la période 2018-2022 :
    • En cinq ans la Sécurité sociale perdra près de 12 000 postes !
    • 8 000 postes supprimés dans l’assurance maladie,
    • 2 100 dans la Branche Famille,
    • 895 pour la Retraite
    • 880 dans le Recouvrement.

Où s’arrêtera cette liste mes camarades ? Cette liste, c’est la liste de nos combats à venir. Comme l’a affirmé Pascal Pavageau, l’objectif final de ce gouvernement c’est d’en finir avec la Sécurité sociale » ! Nous ne devons pas les laisser faire mes camarades, il faut leur dire STOP ; ils ne passeront pas, ils ne passeront pas !!!

Négocier c’est l’ADN de Force Ouvrière.

C’est ce que nous ne cessons de faire au SNFOCOS, avec notre Fédération nationale des employeurs, l’UCANSS, Vous mes camarades, dans vos organismes avec vos employeurs.

Et quand un accord est bon pour le personnel, pour nos collègues, pour la Sécu, on le signe ; et on le dit. Et si un accord ne nous semble pas bon, nous ne le signons pas, et nous le disons encore.

Fidèles à nos valeurs et pragmatiques, nous sommes une troisième voie, entre un syndicat qui signe tout et souvent contre les cadres et un autre qui ne signe rien. Ces derniers, avec l’employeur, c’est ce qu’on a appelé la Sainte Alliance contre les cadres. Lors de la négociation sur les frais de déplacement, que nous n’avons pas signée, car ce protocole n’était pas bon pour le SNFOCOS, pour ses mandants, pour les cadres. Voilà mes camarades un exemple où le SNFOCOS est seul mais fidèle à ses engagements.

Négocier c’est apporter des garanties comme nous l’avons fait en prolongeant et en améliorant le protocole de 2013 sur les garanties apportées lors de fusions d’organismes ou mutualisations d’activités et l’on sait malheureusement que c’est le vent dominant. Ce protocole nous avons voulu qu’il s’applique à tout le personnel des DRSM lors de la reconfiguration de la CNAMTS et l’intégration à la caisse nationale des échelons du service médical. Nous avons aussi dans cette reconfiguration fait céder la CGT et la CGC en obtenant un CCE et un collège praticien conseil.

Négocier c’est apporter des droits à toutes les catégories de personnel. Après des années d’attente nous avons pu faire évoluer la CCN des Agents de Direction pour faciliter leur mobilité et pour sécuriser les fins de parcours malgré les attaques de la CFDT contre le SNFOCOS.

Le RSI mes camarades nous a beaucoup occupé ces derniers mois. Cette fois ci cela n’était pas l’intégration d’une petite mutuelle mais l’absorption complète de toute une branche de la sécurité sociale avec plus de 5000 salariés, vos futurs collègues qu’il faudra intégrer au mieux en local.

Négocier c’est encore faire progresser nos droits sociaux.

Améliorer la couverture santé que le SNFOCOS a bâtie. Nous l’avons fait. Et c’est pour cela que j’ai sollicité au cours de ce congrès la participation de nombreux partenaires que je remercie de leur présence.

Améliorer notre prévoyance en développant la CAPSSA. Fidèle à son histoire, le SNFOCOS continuera à proposer des améliorations notamment sur la dépendance et sur l’aide aux aidants.

Revendiquer c’est dénoncer les COG qui viennent d’être signées et qui continuent à étrangler les organismes de Sécurité sociale, dégradant à la fois nos conditions de travail mais aussi le service rendu au public.

Revendiquer c’est encore défendre tous les cadres, leur statut, leurs conditions de travail.

Nous avons durant cette mandature lancé une grande concertation avec les cadres de l’institution qui a abouti à la publication de notre plate-forme revendicative.

Faite la connaître partout, c’est un outil de syndicalisation autant que notre feuille de route pour nos revendications.

Nous avons réuni en 2016 et 2017, et nous recommencerons en 2019, plus de 200 cadres à la Confédération autour de notre plateforme.

Revendiquer c’est défendre les organismes de Sécurité sociales. C’est se battre pour maintenir des caisses de plein exercice afin que les projets tels que TRAM ou PHARE ne vident les petites caisses de leurs missions pour affaiblir un peu plus la république sociale des territoires.

Défendre les organismes c’est les défendre tous, toute la Sécu dans ses différentes composantes, et donc défendre nos UGECAM et leurs établissements en danger ou encore les centres d’examens de santé.

Résister mes camarades c’est plus que jamais un combat de tous les jours face aux attaques quotidiennes au niveau national et au niveau local.

Les attaques contre la sécu mais aussi celles contre les salariés et contre les syndicats car nous n’acceptons pas ces lois qui se succèdent pour toujours moins de droits : El Khomri, Macron/Pénicaud… le SNFOCOS était dans la rue en 2017, il le sera encore le 9 octobre prochain pour une grande mobilisation. Mes camarades, le 9 octobre vous devez être tous dans la rue pour défendre la Sécurité sociale, revendiquer des hausses de salaires et faire entendre la voix de tous les salariés.

Reconquérir ou conquérir mes camarades c’est aller chercher des adhérents et s’implanter dans les caisses où nous ne sommes pas. Il faut toujours avoir à l’esprit cet esprit du développement.

Mais le SNFOCOS se porte bien même si les effectifs baissent dans les caisses. Nous gagnons des adhérents dans toutes les branches et dans les régimes complémentaires. Nous gagnons aussi des élections comme cela a été le cas dans les ARS ou à la CNAMTS. Ces victoires mes camarades nous les devons aussi à l’unité de Force Ouvrière car l’expérience le démontre : l’union fait la force !

Mes camarades je vous ai parlé de notre plateforme revendicative, vous avez aussi à votre disposition la lettre la Michodière, toutes les semaines, le site internet et les réseaux sociaux. Vous avez, et c’est une nouveauté, dans vos sacoches le rapport d’activité du SNFOCOS de toute cette mandature. Vous avez enfin l’aide possible de l’équipe à la Michodière. Servez-vous de tout cela pour faire connaitre les positions du SNFOCOS, pour vous développer, pour résister, pour revendiquer, pour négocier et pour reconquérir.

Vive la Confédération Générale du travail FORCE OUVRIERE, Vive la Fédération des Employés et Cadres, VIVE LE SNFOCOS !