Sous couvert de modernité, cette organisation du travail déshumanise les bureaux. Syndicats et experts plaident pour un retour aux postes attitrés.

La promesse était séduisante : des espaces de travail fluides, une liberté de mouvement totale, une optimisation des surfaces immobilières. Cinq ans après son déploiement massif dans les entreprises et administrations françaises, le flex office montre ses failles. Loin d’incarner la modernité, ce modèle transforme les bureaux en espaces anonymes où règne une « chasse aux places » quotidienne, source de stress et de perte de repères pour les salariés.

Dans sa chronique du 26 janvier 2026 parue dans Le PointJulien Damon qualifie le flex office de « promesse de liberté moderne devenue contrainte déshumanisante ». Le sociologue pointe une dérive managériale imposée sans réel bénéfice pour les agents, qui se retrouvent à errer chaque matin à la recherche d’un poste disponible.

Cette critique résonne fortement dans nos organisations,  où le SNFOCOS admet la nécessité de rationaliser les espaces et mètres carrés libérés mais porte une revendication claire : abandonner le flex office.

Une gestion immobilière raisonnable sans sacrifier l’humain

Le SNFOCOS en effet ne nie pas la nécessité d’optimiser les surfaces inoccupées, conséquence logique de l’essor du télétravail hybride. Mais il refuse que cette rationalisation se fasse au détriment des conditions de travail. Restituer des locaux vides, oui. Imposer un ratio strict et limitatif par agent et transformer le bureau en loterie quotidienne, non.

Le SNFOCOS exige un équilibre : maintenir un ratio de 1 poste pour 1 agent présent, permettant une gestion budgétaire responsable tout en préservant l’ancrage territorial indispensable à la concentration et aux liens sociaux. Le recul des RPS lié au télétravail reste flou et la réversibilité partielle doit rester possible.

Le flex office, faux progrès social

Car c’est bien là le cœur de la critique : le flex office est vendu comme un levier de QVT, alors qu’il en constitue l’exact opposé. Sans bureau personnel, les agents perdent leurs outils de travail, leurs dossiers physiques, leurs repères visuels. Les échanges informels, essentiels à la cohésion d’équipe, disparaissent au profit d’interactions fonctionnelles et froides. Les études le confirment : cette organisation génère fatigue cognitive, isolement et désengagement.

Le SNFOCOS préfère privilégier une stabilité psychologique et une efficacité collective de cohésion qui reste compatible avec des projets immobiliers rationalisés mais toujours raisonnables.