La protection sociale joue plusieurs rôles favorables dans l’économie, en mutualisant les risques en dehors des entreprises et en assurant un amortisseur automatique dans les périodes de crise.
Si elle est souvent présentée comme un système redistributif plus ou moins équitable destiné à réduire les inégalités de revenus et à apporter du bien-être, elle est aussi associée de façon trop excessive et caricaturale comme pesant sur les coûts des facteurs de production en tant que « charge » supportée par les entreprises. Ces dernières mettant en avant le manque de compétitivité économique à l’international et le coût du travail trop élevé afin de réclamer et d’obtenir des exonérations de cotisations.
Cet antagonisme justifierait la nécessité de réduire les dépenses de la protection sociale alors que sans la redistribution la demande serait plus faible.
Les RSA ou les IJ versés sont aussi les TVA d’aujourd’hui
et les salaires et les impôts de demain.
Non seulement, la protection sociale est un facteur de croissance, mais une croissance suffisante permettrait de régler structurellement les déficits par l’accroissement des recettes. L’Italie et le Portugal sont en train d’en faire la démonstration.
Pendant ce temps, le France réduit sa prise en charge par la Sécurité sociale en la transférant aux assurances complémentaires. Sans doute que cette privatisation latente produira aussi de la croissance, mais certainement moins redistributive et égalitaire.
Défendre la Sécurité sociale, c’est aussi défendre la République sociale.