Il y a des moments où les masques tombent. La RPN UCANSS de février sur la négociation RSE en fut l’illustration cinglante.

Depuis l’automne 2025, nous négocions avec l’UCANSS le renouvellement des accords RSE sur la diversité et l’égalité des chances. Des mois d’échanges, de propositions construites, argumentées, chiffrées de la part du SNFOCOS. Et pour quoi ? Pour se heurter, séance après séance, à une réponse invariable : « on ne peut pas chiffrer », « absence de mandat », « ce n’est pas le sujet à l’ordre du jour ».

Le mépris des salariés les plus vulnérables d’abord.

Celles et ceux en situation de handicap, en mi-temps thérapeutique, en congé maternité, en retraite progressive. Des femmes et des hommes pour qui chaque trimestre de cotisations manquant représente une pénalité concrète et durable sur leur retraite future. Le SNFOCOS a demandé la prise en charge de leurs cotisations. L’UCANSS a répondu : * »on ne sait pas combien ça coûte. » Alors même qu’elle dispose d’une direction statistique complète et de toutes les données nécessaires dans les organismes. Cette incapacité déclarée est en réalité un choix à peine masqué.

Le mépris du dialogue social ensuite.

L’UCANSS a proposé une « priorisation » des facteurs de discrimination — autrement dit, une hiérarchie entre les victimes. Certaines discriminations compteraient plus que d’autres. Le SNFOCOS refuse cette logique avec la dernière énergie : toutes les discriminations sont prioritaires, par définition. Il n’appartient pas à l’employeur de décider qui souffre davantage.

Le mépris de l’intelligence, enfin.

Quand la directrice de l’UCANSS suggère que supprimer les temps de préparation aux concours internes En3s serait « la solution pour l’égalité », on touche le fond. On ne crée pas l’égalité en abaissant tout le monde au même niveau d’impréparation.

La conclusion s’impose : l’UCANSS ne veut pas d’accords RSE qui obligent à agir. Elle veut des accords qui permettent de communiquer. Des vitrines. Des textes sans portée, reconduits par obligation réglementaire, vides de tout engagement concret.

Certaines organisations s’en satisferont. Pas nous.

Il reste une dernière séance de négociation et nous continuerons à négocier. Mais nous ne capitulerons pas en chemin.

En l’état et sans sursaut de l’UCANSS, le SNFOCOS ne signera pas un accord cosmétique qui trahit les salariées en maternité, les collègues en situation de handicap, les cadres qui préparent leur concours dans des conditions inégales.

Les accords RSE doivent être à la hauteur des enjeux. À la hauteur des personnes qu’ils sont censés protéger. À la hauteur des valeurs que porte la sécurité sociale.

L’UCANSS doit nous entendre et vous écouter !

 Bruno Gasparini, Secrétaire Général du SNFOCOS