Placements risqués – Le SNFOCOS revendique une sécurisation de votre épargne

Une réunion de la Commission de suivi des dispositifs d’épargne salariale a eu lieu le 16 janvier dernier, au cours de laquelle un point de situation a été réalisé par NATIXIS Interépargne, nouveau gestionnaire (jusqu’au 30 septembre 2029) des PEI (Plan d’Epargne Interentreprise) et PERCOL-I (Plan d’Epargne Retraite Collectif Interentreprise) des salariés de l’UCANSS depuis le protocole d’accord du 11 avril 2024.

87.000 salariés ont placé 260 millions d’euros, avec le risque d’une perte en capital

Revendication du SNFOCOS : offrir la possibilité d’un placement en fonds euros

Pour le SNFOCOS, l’enjeu n’est pas de remettre en cause le dispositif d’épargne salariale mais d’en faire bénéficier l’ensemble des salariés tout en sécurisant leurs placements avec une garantie à 100 % du capital épargné.

Le SNFOCOS a donc revendiqué l’ajout de placements en fonds euros au dispositif d’épargne salariale, cette option étant actuellement exclue.

L’UCANSS et NATIXIS en conviennent, aucun des placements actuellement proposés n’est sécurisé, le FCPE monétaire présentant le moindre risque.

La réponse du représentant de NATIXIS au SNFOCOS n’est guère rassurante : à la différence des fonds euros, les fonds monétaires (et a fortiori les autres placements, obligataires et en actions) peuvent avoir des rendements négatifs … Mais n’ayons crainte, selon NATIXIS « cela n’a eu lieu qu’une fois en 20 ans, avec un rendement de -0,2, et cela n’ira pas au-dessous sauf gros problème » …

Les situations nationale et internationale pouvant évoluer vers ce qu’il convient d’appeler un « gros problème », chacun appréciera.

Reste la possibilité, comme l’a souligné la CFDT, de ne pas réaliser de placement en cas d’aversion pour le risque. Pour le SNFOCOS cette alternative n’est pas suffisante.

Une « réserve » bien compréhensible des personnels UCANSS

Le SNFOCOS s’est livré à une comparaison avec les données issues de la dernière enquête (mars 2025) consacrée à l’épargne salariale par l’Association Française de la Gestion Financière (AFG) :

  • 76 % de salariés concernés avec un montant moyen investi de 15.400 euros en moyenne nationale ; 60 % de porteurs parmi les salariés UCANSS, avec un en-cours moyen de seulement 2.275 euros pour le PEI et de 3.565 euros pour le PERCOL-I
  • Au plan national, les fonds monétaires représentent 16 % de la totalité des en-cours ; pour les salariés UCANSS c’est 35 % de l’en-cours

Ces éléments viennent s’ajouter au constat issu de la présentation de NATIXIS : les personnels UCANSS sont loin de recourir massivement à l’épargne salariale.

Rares sont ceux qui procèdent à des versements volontaires ou au transfert de jours de CET vers leur PERCOL-I.

L’intéressement arrive en tête de l’origine de l’épargne salariale, mais avec moins de 30 % d’épargnants (pour un versement moyen de 629 euros) qui plébiscitent l’investissement dans les placements les moins risqués (FCPE monétaires).

Le besoin de sécurisation de l’épargne est patent, l’accès à une information claire et transparente l’est tout autant.

Le droit à une information claire et objective

NATIXIS a rappelé que des outils d’information et un service de conseil financier personnalisé étaient mis à la disposition des salariés, considérant que les salariés investissent en toute connaissance de cause (et de risque).

L’UCANSS partage la même position.

Dont acte, sachant que c’était déjà le cas avec AMUNDI.

Le SNFOCOS est plus réservé pour sa part. Force est de constater que l’information diffusée aux salariés UCANSS ne leur suffit pas. En témoignent notamment :

  • l’une des conclusions observations formulées par l’UCANSS à la suite d’une « enquête de satisfaction » réalisée en 2022 (le gestionnaire étant alors AMUNDI) : « globalement les services RH connaissent bien les dispositifs d’épargne salariale. En revanche, ces dispositifs sont moins bien appréhendés par les salariés (par exemple, s’agissant des types de fonds où investir, les niveaux de risque et de rendement, les avantages sociaux et fiscaux, les cas de déblocages, etc …) ».
  • l’annonce par l’UCANSS de la tenue d’un webinaire « test » (avec un seul organisme) le 23 janvier 2026, initiative louable certes mais qui confirme la nécessité d’une information adaptée à la demande des salariés.

Epargne retraite

Le SNFOCOS revendique la possibilité de rachat de trimestres via l’épargne salariale

Dans sa dernière enquête l’AFG (cf supra) observe une évolution caractérisée par « des dispositifs adaptés au financement des projets de vie des salariés avec des flux croissants vers l’épargne retraite ».

La collecte nette d’épargne salariale était ainsi de 2,7 milliards d’euros en 2024 au plan national, avec la répartition suivante : +2,5 milliards pour les plans d’épargne retraite collectifs, + 0,2 milliards pour les plans d’épargne d’entreprise.

Pour ce qui est de notre dispositif UCANSS, on observe que le « nombre de porteurs de parts » est quatre fois plus élevé (80.244) pour le PEI que pour le PERCOL-I (21.732). Quant aux en-cours le PERCOL-I ne représente qu’environ 40 % l’en-cours global.

Pour le SNFOCOS, il est indispensable de développer l’épargne retraite et donc d’offrir aux personnels UCANSS la possibilité de choisir des placements sécurisés.

 

Cela ne saurait cependant suffire, notre dispositif d’épargne salariale doit également s’ouvrir à la possibilité de racheter des trimestres au titre du régime général et/ou des régimes de retraites complémentaires. De nombreux accords d’entreprises/de groupe intègrent cette possibilité, il doit en être de même pour les personnels UCANSS, comme l’a déjà revendiqué le SNFOCOS dans la perspective de la renégociation prochaine de l’accord RSE relatif à l’accompagnement des fins de carrière.

Evolution de l’accord relatif à l’épargne salariale :

Les blocages et omissions de l’UCANSS et de NATIXIS

Le principal argument avancé par l’UCANSS et NATIXIS pour défendre l’accord en vigueur : pas de frais de tenue de compte pour le salarié, ces frais de tenue de compte étant pris en charge par l’organisme.

Peut-être conviendrait-il mieux de présenter les choses sous la forme suivante : ces frais sont très modestes pour l’organisme (50 centimes par an et par compte, les frais de tenue de compte étant offerts jusqu’en 2026). Bel avantage pour l’UCANSS. Et pour NATIXIS ?

Mais qu’ont à y gagner les salariés ? Des placements risqués exclusivement ? Des rendements somme toute modestes : la performance nette de frais de gestion du FCPE monétaire (le moins risqué) était de 2,43 % au 30/11/2025. Un rendement qui n’est pas des plus performants, il suffit de le comparer avec celui de fonds euros (totalement sécurisés eux) proposés par nombre d’opérateurs …

Seule évolution proposée par NATIXIS et d’ores et déjà approuvée par l’UCANSS, une « mise en conformité » au regard de la loi du 23 octobre relative à l’industrie verte, avec d’ici au 1er juillet 2026, l’obligation d’intégrer des actifs non-côtés en gestion pilotée des PER. En clair, un développement des placements non sécurisés sous forme d’investissements en actions de type « private equity », de financement de dettes privées ou d’infrastructures.

En revanche l’UCANSS et NATIXIS bloquent – a priori – toute évolution vers l’ouverture à des placements sécurisés en ce qui concerne notre PER.

Arguments invoqués par NATIXIS :

  • il s’agit d’un PER « compte-titres » et non d’un PER « assurantiel », or seul ce dernier permet d’offrir la possibilité de placements sécurisés en fonds euros. Ce qui est vrai.

Le SNFOCOS ne l’ignorait pas et avait déjà interrogé l’UCANSS sur l’origine du choix d’un PER « comptes-titres », l’UCANSS s’était alors tournée vers le gestionnaire, avec une réponse édifiante : parce que c’était comme cela au départ …

  • NATIXIS a fait également observer que les intérêts des placements en fonds en euros étaient soumis à des prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 % (en 2025). Ce qui est également vrai. A nuancer toutefois au regard de la sécurité totale des placements en fonds euros, et sachant qu’il convient de considérer les rendements servis par de nombreux opérateurs, souvent supérieurs à ceux de NATIXIS pour des placements risqués …

Par ailleurs, NATIXIS et l’UCANSS ont omis de mettre en avant d’autres éléments de comparaison, au désavantage du PER « comptes-titres » :

A la différence du PER « comptes-titres », le PER « assurantiel » permet de bénéficier de la fiscalité de l’assurance-vie (exonération des droits de succession sous certaines conditions) en cas de décès, alors que dans le cas d’un PER « compte-titre », le capital est versé dans la succession et donc fiscalisé (paiement de droits de succession)

La fiscalité des deux catégories de PER ne présentait pas de différence jusqu’à la dernière loi de financement de la sécurité sociale. Tel n’est plus le cas depuis le 1er janvier dernier.

Sur ce dernier point, comme le souligne l’UFC Que Choisir dans un article du 19 janvier dernier :

« La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 porte le taux de la CSG à 10,6 % sur certains revenus du capital. Les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l’assurance vie, l’épargne logement et les PEP restent toutefois soumis à la CSG de 9,2 % (…).

 Cette augmentation fait passer le taux global des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % (…).

 Mauvaise nouvelle, la loi de financement de la Sécurité sociale promulguée en décembre dernier augmente le taux de la CSG de 1,4 point sur les produits générés par certains placements à compter du 1er janvier 2026 ».

Parmi les revenus concernés figurent notamment « les produits de l’épargne salariale acquise au titre de la participation aux résultats de l’entreprise ou dans le cadre d’un plan d’épargne (PEE, PEI, Perco) » (…)

Les revenus générés par les plans épargne retraite (PER) ne sont pas exclus de la réforme et relèvent donc, en principe, de la CSG majorée de 10,6 % à compter du 1er janvier 2026. Toutefois, les PER souscrits auprès d’un assureur sont construits sur le modèle de l’assurance vie, et ils devraient logiquement échapper à la hausse. Les PER bancaires, eux, sont construits sur le modèle du compte-titres, et leurs revenus relèvent bien de la CSG à 10,6 % depuis le 1er janvier 2026 ».

Pour le SNFOCOS, la question de la dénonciation de l’accord UCANSS relatif au PERCOL-I est désormais posée.

Le SNFOCOS revendique la mise en place d’un PER « assurantiel » :

  • Permettant de garantir l’épargne des salariés en leur offrant la possibilité de souscrire à des placements entièrement sécurisés en fonds euros,
  • Fiscalement plus avantageux que l’actuel PERCOL-I en « comptes-titres »,
  • Intégrant la possibilité de racheter des trimestres de retraite.

 Vous avez des interrogations, propositions, observations : n’hésitez pas à nous écrire à l’adresse suivante : snfocos@snfocos.fr

Laurent Castra, pour la Délégation du SNFOCOS