La réforme infirmière par communiqué de presse : le SNFOCOS salue des avancées mais exige des garanties concrètes

Le SNFOCOS accueille favorablement les annonces du gouvernement sur la réforme du métier infirmier, tout en appelant à une reconnaissance pleine et entière du rôle clé des infirmières et infirmiers dans notre système de santé.

Les infirmières, pilier du système de soins

Face à la désertification médicale et aux inégalités territoriales, les infirmières et infirmiers sont en première ligne pour garantir l’accès aux soins de proximité. Leur expertise couvre l’ensemble du parcours de santé : prévention, éducation thérapeutique, soins aigus et chroniques, accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap.

Le SNFOCOS rappelle que les infirmières ne sont pas de simples auxiliaires mais des professionnelles autonomes dont les compétences doivent être pleinement reconnues et rémunérées. Notre syndicat défend quotidiennement leurs droits, leurs conditions d’exercice et leur place centrale dans l’organisation des soins.

Des avancées à concrétiser d’urgence

Le SNFOCOS salue les mesures annoncées le 11 février dernier par le ministère de la Santé : l’ouverture de 5 500 places en IFSI avec 215 millions d’euros de financement, l’accès direct aux soins de plaies et cicatrisation, l’extension du dépistage du cancer colorectal, ainsi que la modernisation de la formation et son universitarisation ancrée territorialement.

« Ces mesures doivent s’accompagner de garanties concrètes. Des annonces ne suffisent pas : les infirmières méritent une reconnaissance à la hauteur de leur engagement quotidien. »

Sur la formation et l’attractivité des métiers

Le SNFOCOS exige la valorisation des spécialisations — puériculture, bloc opératoire, infirmières et infirmiers en pratique avancée (IPA), santé mentale — comme filières d’excellence à part entière. Cela implique la création de passerelles vers les fonctions d’encadrement et de formation, l’attribution de bourses d’études assorties d’un engagement sur l’emploi dès la formation, ainsi que des stages rémunérés équitablement et un encadrement de qualité garanti.

Sur l’interdisciplinarité et la coopération

Notre syndicat appelle à la formalisation de coopérations médecin-infirmier·ère dans les déserts médicaux, au développement des consultations infirmières autonomes en prévention et suivi des maladies chroniques, et au renforcement des équipes pluriprofessionnelles associant médecins, infirmiers et infirmières, pharmacien·nes, kinésithérapeutes et psychologues. Le SNFOCOS demande également la création de postes d’infirmiers et infirmières coordinateurs dans les territoires sous-dotés.

Sur la prévention, mission oubliée

Le communiqué gouvernemental réduit la prévention au seul dépistage colorectal. Le SNFOCOS exige la reconnaissance financière de l’ensemble des missions préventives : consultations de prévention primaire couvrant l’hygiène de vie, les addictions et la santé mentale ; éducation thérapeutique des patient·es chroniques atteint·es de diabète, d’insuffisance cardiaque ou de BPCO ; vaccinations et suivi des populations vulnérables ; interventions en santé au travail, en milieu scolaire et en PMI.

Sur la rémunération

Les « négociations conventionnelles en cours » ne suffisent pas. Le SNFOCOS exige la publication d’un calendrier précis assorti de montants planchers, la revalorisation immédiate des actes complexes, une rémunération des consultations infirmières équivalente à celle des autres professionnels de santé, et des primes d’installation dans les zones sous-dotées.

Sur les déserts médicaux

Le SNFOCOS regrette l’absence totale de mesures spécifiques pour l’attractivité territoriale. Le gouvernement doit prévoir des primes géographiques significatives, garantir l’accès au logement et aux infrastructures, soutenir concrètement l’installation — matériel, locaux, secrétariat — et développer des réseaux de remplacement pour éviter l’isolement professionnel des infirmières et infirmiers exerçant en zones rurales.

Le SNFOCOS reste mobilisé

Notre syndicat continuera de défendre les droits des infirmières et infirmiers et de leurs formateurs et formatrices. Nous serons vigilants sur la mise en œuvre concrète de ces réformes et n’hésiterons pas à alerter si les promesses ne se traduisent pas en actes.

Les infirmières méritent mieux que des annonces : elles méritent une reconnaissance à la hauteur de leur engagement quotidien.