La mise en place de la VAE collective pour les inspecteurs du recouvrement n’est pas un cadeau tombé du ciel : c’est le résultat d’un travail syndical constant, opiniâtre, mené depuis plusieurs années par le SNFOCOS. Nous avons dû affronter des refus répétés, des blocages injustifiés, et une absence de volonté de la précédente Direction d’ouvrir ce chantier pourtant essentiel pour la reconnaissance des compétences des inspecteurs.
Pendant plus de deux ans, notre organisation a porté cette revendication dans toutes les instances :
- réunions de négociation,
- commissions formation du CSE,
- observatoire UCANSS,
- échanges directs avec la Direction.
À chaque fois, la même réponse : « impossible, les élus ne souhaitent pas rouvrir la GPEC ». Un argument fallacieux, utilisé comme prétexte pour éviter d’engager un dispositif pourtant prévu par les textes nationaux.
Un changement de Direction… et un changement de méthode
L’arrivée d’un nouveau Directeur en mars semble marquer un tournant. Le dialogue social, que nous réclamions depuis longtemps, a enfin retrouvé sa place. Le SNFOCOS a pu signer plusieurs accords, preuve que lorsque la Direction accepte de travailler avec les organisations syndicales, les dossiers avancent.
C’est dans ce contexte plus constructif que nous avons obtenu, en juin, une décision majeure : l’accompagnement de 7 inspecteurs dans le cadre d’une VAE collective, intégrée au projet d’équipe du service inspection. Une première en Bretagne, et un signal fort envoyé à la profession.
1)Une reconnaissance symbolique mais essentielle
Depuis la création du Certificat de Qualification Professionnelle (CQP), le SNFOCOS revendique une reconnaissance pour tous les inspecteurs, quelle que soit leur date de promotion. Le dispositif initial, limité à 5 ans, excluait de fait les inspecteurs les plus expérimentés, pourtant détenteurs d’un savoir-faire indispensable au recouvrement.
La VAE collective permet enfin de corriger cette injustice. Elle reconnaît la valeur de l’expérience, la technicité du métier, et l’engagement quotidien des inspecteurs au service de la lutte contre la fraude et du financement de la protection sociale.
Cette reconnaissance n’est pas seulement administrative : elle est symbolique, professionnelle, et identitaire. Elle dit clairement : « votre expertise compte, elle mérite d’être certifiée ».
2) Un accompagnement individuel et collectif : une vraie démarche de professionnalisation
La VAE collective engagée en Bretagne n’est pas un simple montage administratif. C’est un accompagnement structuré, pensé pour permettre à chaque inspecteur de valoriser son parcours, ses compétences, ses pratiques professionnelles.
Elle repose sur deux piliers :
- Un accompagnement individuel, indispensable pour construire son dossier, analyser son expérience, formaliser ses compétences, préparer l’entretien avec le jury.
- Un accompagnement collectif, qui permet de mutualiser les pratiques, de partager les expériences, de renforcer la cohésion du service inspection et de créer une dynamique professionnelle commune.
Cette démarche contribue à professionnaliser encore davantage le métier d’inspecteur, à sécuriser les parcours, et à renforcer l’attractivité du métier dans un contexte où les exigences techniques et relationnelles ne cessent d’augmenter.
3) Une victoire syndicale et un levier pour l’avenir
La mise en place de la VAE collective est une avancée majeure pour les inspecteurs du recouvrement en Bretagne. Elle démontre que la persévérance paie, que le dialogue social peut produire des résultats concrets, et que la reconnaissance des compétences n’est pas un luxe mais une nécessité.
Le SNFOCOS continuera à porter cette revendication pour :
- Que la VAE collective soit pérennisée,
- Qu’elle soit élargie à d’autres régions,
- et qu’elle soit accessible à l’ensemble des inspecteurs, peu importe leur parcours.
Cette première victoire doit devenir un modèle.
Céline Jastrzebski, déléguée syndicale SNFOCOS de l’URSSAF Bretagne